Loi 25-11 sur les données personnelles en Algérie : Le guide ultime de conformité pour les entreprises en 2025
La loi 25-11, désormais en vigueur, modifie et renforce la loi 18-07 de 2018 relative à la protection des personnes physiques dans le traitement des données à caractère personnel. Cette évolution législative majeure redéfinit les obligations des organisations algériennes et modernise le cadre de protection des données personnelles dans le pays.
Pour les entreprises, cette mise à jour n'est pas qu'une simple formalité administrative. Elle représente un véritable tournant dans la manière de concevoir et d'implémenter la sécurité des informations personnelles. L’entrée en action de l’Autorité Nationale de Protection des Données à caractère Personnel, dotée de pouvoirs renforcés en matière de contrôle et d’audit, marque un changement de posture de l’État algérien vis-à-vis de la protection des données. Les organisations qui ne s'adapteront pas risquent non seulement des sanctions, mais aussi une perte de confiance de leurs clients et partenaires.
Les enjeux critiques de la modernisation législative algérienne
Un contexte cybersécuritaire en mutation
L'Algérie s'inscrit dans une dynamique mondiale de renforcement de la protection des données. L'adoption de la loi 25-11 témoigne de la volonté des autorités algériennes de moderniser le cadre juridique face aux défis croissants de la cybersécurité et de la digitalisation accélérée des entreprises.
La loi 25-11 intervient également dans un contexte où les entreprises algériennes digitalisent massivement leurs processus. Cette transformation numérique, accélérée par la pandémie, a multiplié les points de contact avec les données personnelles, créant de nouveaux risques que l'ancienne législation ne couvrait pas suffisamment.
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Les lacunes identifiées de la loi 18-07
Bien que la loi 18-07 ait posé les bases de la protection des données en Algérie, plusieurs failles ont été identifiées :
- Manque de précision sur les données biométriques : L'essor des technologies de reconnaissance faciale et d'empreintes digitales nécessitait un cadre plus strict
- Absence de définition du profilage : Les pratiques de marketing personnalisé et d'intelligence artificielle échappaient largement à la réglementation
- Lacunes dans les obligations de documentation : Les entreprises n'avaient pas d'obligations claires concernant la tenue de registres détaillés
- Flou sur les autorités compétentes : La définition des organismes habilités à traiter les données dans un contexte judiciaire manquait de clarté
Les innovations majeures de la loi 25-11

Nouvelles définitions et concepts clés
La loi 25-11 enrichit considérablement le vocabulaire juridique de la protection des données avec des définitions précises :
Données biométriques : La loi définit désormais clairement ces données comme "résultant d'un traitement technique spécifique, relatives aux caractéristiques physiques, physiologiques ou comportementales d'une personne physique, qui permettent ou confirment son identification unique."
Profilage : Concept crucial à l'ère du big data, défini comme "toute forme d'utilisation des données à caractère personnel pour évaluer certains aspects personnels relatifs à une personne physique, notamment pour analyser ou prédire des éléments concernant le rendement au travail, la situation économique, la santé, les préférences personnelles."
Pseudonymisation : Technique de protection qui consiste en un "traitement des données à caractère personnel de telle manière qu'elles ne puissent désormais être attribuées à une personne concernée sans recourir à des informations supplémentaires."
L'obligation du délégué à la protection des données pour les autorités compétentes
L'une des innovations significatives concerne l'obligation pour les responsables de traitement et les autorités compétentes (telles que définies par la loi comme les autorités publiques compétentes en matière de prévention, détection des infractions, investigations, enquêtes et poursuites) de désigner un délégué à la protection des données à caractère personnel. Cette fonction devient le point focal avec l'autorité nationale.
Il est important de noter que cette obligation ne s'applique pas automatiquement à toutes les entreprises privées, mais concerne principalement les autorités publiques et les responsables de traitement dans des contextes spécifiques. Les juridictions sont dispensées de cette obligation lorsqu'elles exercent leurs fonctions juridictionnelles.
Le DPO a pour missions principales :
- Informer et conseiller sur les obligations légales
- Contrôler le respect de la loi et des procédures internes
- Fournir des conseils sur l'analyse d'impact des traitements
- Assurer la liaison avec l'autorité nationale
Cette obligation marque une professionnalisation du secteur public et créera de nouveaux besoins en formation spécialisée, notamment dans les rôles clés de la protection des données.
Les pôles régionaux de l'Autorité nationale
La loi 25-11 renforce également les capacités de contrôle en dotant l'Autorité nationale de pôles régionaux chargés du contrôle et de l'audit auprès des institutions et des personnes traitant des données à caractère personnel. Cette décentralisation permettra un suivi plus efficace sur l'ensemble du territoire national.
Les registres et carnets de traitement : une révolution documentaire
La loi 25-11 introduit deux obligations documentaires majeures :

Le registre des activités de traitement doit contenir :
- Les noms et coordonnées du responsable du traitement et de son délégué
- Les finalités et le fondement juridique des opérations
- Les catégories de destinataires des données
- Une description des catégories de personnes et de données concernées
- Les délais d'effacement prévus
- Une description des mesures de sécurité mises en place
Le carnet automatisé des opérations représente une innovation technique majeure. Il doit tracer toutes les opérations de traitement : collecte, inscription, organisation, conservation, adaptation, modification, extraction, consultation, utilisation, communication, diffusion, rapprochement, interconnexion, verrouillage, chiffrement, effacement ou destruction.
Ce carnet permet d'identifier les motifs, la date et l'heure des opérations, ainsi que l'identité des personnes ayant accédé aux données. Il constitue un véritable "journal d'audit" des données personnelles.
Le renforcement du cadre judiciaire et sécuritaire
Un titre entier dédié aux traitements à des fins judiciaires
La loi 25-11 consacre un titre complet (Titre V bis) aux traitements de données à des fins de prévention et de détection des infractions. Cette section détaillée répond aux besoins spécifiques des autorités judiciaires et des forces de sécurité.
Les autorités habilitées sont clairement définies :
- L'autorité judiciaire
- Les services légalement habilités à rechercher les infractions
- Les auxiliaires de justice dans le cadre de leurs attributions
- Les services de l'administration pénitentiaire
Gestion des violations de données : un processus strict
L'un des aspects les plus critiques de la nouvelle loi concerne la gestion des violations de données. Le responsable du traitement doit informer l'autorité nationale dans les 5 jours après avoir pris connaissance d'une violation.
Cette notification doit comprendre :
- La description de la nature de la violation
- Les conséquences possibles
- Les mesures prises ou proposées pour atténuer les impacts
Si la violation présente un risque élevé pour les droits des personnes, ces dernières doivent également être informées "en des termes simples et clairs".
Transferts internationaux : un cadre renforcé

La loi établit des critères stricts pour les transferts de données vers des pays étrangers ou des organisations internationales. L'autorité compétente doit évaluer :
- Le niveau de protection adéquat du pays destinataire
- Le respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales
- L'existence d'une autorité de contrôle dans le pays de destination
- Les mesures de sécurité applicables
Application pratique pour les entreprises algériennes
Étude de cas : mise en conformité d'une entreprise de services
Prenons l'exemple d'une entreprise de services financiers basée à Alger, qui traite quotidiennement des milliers de dossiers clients contenant des données personnelles sensibles.
Avant la loi 25-11, cette entreprise se contentait de respecter les obligations générales de la loi 18-07, sans documentation détaillée de ses processus.

Avec la loi 25-11, elle doit désormais :
- Nommer un DPO qualifié : L'entreprise a recruté un professionnel certifié, formé aux enjeux de la protection des données et aux spécificités du secteur financier.
- Mettre en place les registres obligatoires : Chaque traitement de données fait l'objet d'une documentation précise dans le registre des activités.
- Implémenter le carnet automatisé : Un système de logs automatique trace toutes les opérations sur les données clients, permettant un audit complet en cas de besoin.
- Définir les procédures de notification : Un processus interne garantit que toute violation sera notifiée à l'autorité nationale dans les délais requis.
Cette mise en conformité représente un investissement significatif, mais elle positionne l'entreprise comme un acteur de confiance sur son marché.
Les défis techniques de l'implémentation
La mise en œuvre de la loi 25-11 soulève plusieurs défis techniques majeurs :
Architecture des systèmes d'information : Les carnets automatisés nécessitent une refonte des architectures existantes pour intégrer des capacités de logging avancées.
Sécurisation des registres : Ces documents sensibles doivent être protégés contre tout accès non autorisé tout en restant facilement accessibles aux autorités compétentes.
Formation des équipes : La désignation d'un DPO ne suffit pas ; c'est l'ensemble des équipes qui doit être sensibilisé aux nouveaux enjeux.
Intégration avec les systèmes existants : Les nouvelles obligations doivent s'intégrer harmonieusement avec les processus métier existants sans les perturber.
C'est dans ce contexte que l'accompagnement par des experts devient crucial. Les entreprises ont besoin de partenaires capables de les guider dans cette transformation, depuis l'accompagnement SMSI jusqu'à la mise en place d'une cartographie des risques complète.
Perspectives d'évolution et recommandations stratégiques
L'impact sur le secteur de la cybersécurité
La loi 25-11 va considérablement dynamiser le marché algérien de la cybersécurité. La demande pour des solutions de monitoring, de gestion des logs et de protection des données va exploser.
Les entreprises vont particulièrement rechercher :
- Des solutions de SIEM pour automatiser la détection des violations
- Des outils de gestion de la conformité pour maintenir les registres à jour
- Des services de formation pour développer les compétences internes
- Des prestations d'audit pour valider la conformité
Recommandations pour une mise en conformité réussie
1. Commencer par un audit de l'existant Avant toute action, les entreprises doivent cartographier précisément leurs traitements actuels de données personnelles. Cette étape fondamentale permettra d'identifier les écarts avec les nouvelles exigences.
2. Prioriser les actions par niveau de risque Tous les traitements ne présentent pas le même niveau de risque. Il convient de prioriser les actions en fonction de la sensibilité des données et de l'impact potentiel d'une violation.
3. Investir dans la formation La réussite de la mise en conformité repose largement sur la montée en compétences des équipes. Les formations certifiantes, comme celles proposées dans le domaine de la protection des données personnelles, deviennent indispensables.
4. Adopter une approche progressive La transformation ne peut pas se faire du jour au lendemain. Une approche par phases, avec des objectifs intermédiaires, permet de maîtriser les coûts et les risques.
5. S'entourer d'experts La complexité de la loi nécessite un accompagnement spécialisé. Les entreprises ont intérêt à s'appuyer sur des partenaires ayant une expertise reconnue dans le domaine.
L'évolution vers une économie numérique de confiance
La loi 25-11 s'inscrit dans une vision plus large de développement d'une économie numérique de confiance en Algérie. En renforçant la protection des données personnelles, elle pose les bases d'un environnement digital plus sûr, propice aux investissements et à l'innovation.
Cette évolution s'accompagne d'une prise de conscience croissante des enjeux de cybersécurité chez les dirigeants algériens. Les données personnelles ne sont plus perçues comme un simple actif opérationnel, mais comme un élément stratégique nécessitant une protection appropriée.
Synthèse et actions prioritaires pour 2025
Les points clés à retenir
La loi 25-11 représente bien plus qu'une simple mise à jour réglementaire. Elle marque l'entrée de l'Algérie dans l'ère de la protection moderne des données personnelles, avec des standards alignés sur les meilleures pratiques internationales.
Les entreprises algériennes disposent désormais d'un cadre juridique clair et précis, mais aussi d'obligations renforcées qui nécessitent des investissements significatifs en termes de ressources humaines, techniques et organisationnelles.
Actions immédiates recommandées
1-Pour les dirigeants :
- Évaluer l'impact de la nouvelle loi sur votre organisation
- Budgétiser les investissements nécessaires à la mise en conformité
- Identifier et recruter ou former un DPO qualifié
2-Pour les DSI et RSSI :
- Auditer les systèmes existants pour identifier les adaptations nécessaires
- Planifier la mise en place des carnets automatisés
- Renforcer les mesures de sécurité des données personnelles
3-Pour les équipes juridiques :
- Analyser en détail les nouvelles obligations de la loi 25-11
- Mettre à jour les contrats et les mentions légales
- Préparer les procédures de notification en cas de violation
L'opportunité d'une transformation positive
Au-delà des contraintes, la loi 25-11 offre aux entreprises algériennes l'opportunité de se transformer positivement. En adoptant les bonnes pratiques de protection des données, elles renforcent leur compétitivité et leur attractivité sur les marchés nationaux et internationaux.
Cette transformation nécessite un accompagnement expert et une approche méthodique. Les entreprises qui sauront s'adapter rapidement prendront une avance concurrentielle significative dans l'économie numérique algérienne de demain.
Pour réussir cette transition, l'accompagnement par des spécialistes reconnus devient essentiel. La complexité des enjeux techniques, juridiques et organisationnels nécessite une expertise multidisciplinaire que peu d'organisations possèdent en interne.
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